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  • Michael Balavoine

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Le nez

Fin, long, court, épais, harmonieux ou non, le nez occupe une place de choix dans l’esthétique du visage. Sa partie visible ne joue toutefois qu’un rôle minime dans les tâches centrales qu’assure cet organe pour l’organisme. Le nez cumule en effet les fonctions olfactives, mais aussi respiratoires et immunitaires.

Respiration

On peut bien évidemment respirer par la bouche. Mais si la nature a doté les humains d’un nez, ce n’est pas pour rien ! Grâce à ses structures internes tapissées de muqueuses, le nez fonctionne comme un filtre qui conditionne l’air inspiré et le prépare pour l’organisme. En le traversant, l’air est ainsi nettoyé de particules néfastes comme la poussière. Il est aussi humidifié par les muqueuses et chauffé par le sang qui circule le long des structures caverneuses de l’organe. Inspirer par le nez est donc bien plus efficace que le faire par la bouche, espace au travers duquel l’air reste non filtré et froid.

Olfaction

Respirer et goûter. Le nez est un organe doublement sensoriel. Il permet d’abord de percevoir les odeurs en inspirant. De plus, la perception d’environ 70 % de ce qu’on nomme « arômes » ou « saveurs » (le « goût » dans le langage courant) n’est reconnaissable que si l’olfaction fonctionne. Lorsque l’on suce un bonbon à la cannelle par exemple, l’air enfermé dans la bouche devient saturé de cette odeur. Une fois l’élément avalé, le reste de l’air est propulsé dans le nez et capté par l’épithélium olfactif, contribuant au plaisir de manger. Mais ce n’est pas tout. Grâce à un système nerveux appelé « voie trigéminale », le nez peut aussi détecter des sensations très subtiles comme la température, la fraîcheur du menthol ou encore le piquant du vinaigre. Cette fonction fait partie de notre système de défense face à des substances nocives pour l’organisme. Un exemple avec l’ammoniaque qui provoque par des réflexes automatiques le rejet de certaines substances, en stoppant l’inspiration ou en déclenchant l’éternuement ou la toux.

Obstruction nasale

Motif fréquent de consultation, l’obstruction nasale peut avoir pour origine une malformation de la cloison nasale ou des réactions inflammatoires comme les rhinites allergiques ou les rhinosinusites. Pour prendre une image simple, il faut se représenter le nez comme un couloir et les sinus comme des chambres. Lors d’une inflammation, le couloir se rétrécit. Conséquence immédiate : les chambres étant moins bien desservies, leur fonctionnement est entravé. Les inflammations bouchent également l’accès des molécules aux zones olfactives, raison pour laquelle un rhume s’accompagne généralement d’une perte partielle d’odorat.

150-200

En cm2, la surface des structures internes du nez qui assurent à l’organe ses fonctions respiratoires et olfactives.

10’000

En litres, la quantité moyenne d’air inspiré et filtré par le nez.

5 %

C’est la proportion étonnante de la population qui souffrirait d’une perte totale d’odorat. Souvent mal diagnostiquées, car moins visibles que d’autres pertes sensorielles comme la vue ou l’ouïe, ces atteintes ont une prise en charge complexe, même si le sens peut être réentraîné. En Suisse, les hôpitaux universitaires de Genève et de Bâle sont les seuls à offrir une consultation spécialisée dans les troubles de l’odorat.

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Expert

Dr Basile Landis, médecin adjoint, responsable de l’unité de rhinologie-olfactologie.

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