Texte: 

  • Giuseppe Costa - Élodie Lavigne

Photos: 

  • Guillaume Perret | lundi 13

Les nouveaux défis de la Maternité

De l’accompagnement avec des sages-femmes pour celles qui connaissent une grossesse sans problème aux multiples consultations spécialisées pour celles qui rencontrent des complications, la Maternité répond aux besoins de toutes les femmes en matière de suivi et d’accouchement.

En un peu plus de vingt ans, la Maternité des HUG s’est considérablement transformée. Fin août, une nouvelle étape a été franchie avec l’achèvement du bâtiment de l’aile ouest. « Nous avons enfin tout le plateau technique et de soins », se félicite le Pr Olivier Irion, médecin-chef du service d’obstétrique sortant. « Une infrastructure de pointe, orientée sur la sécurité et le confort des mères et des bébés, qui répond aux attentes de la population. Les chambres sont spacieuses avec un confort équivalent aux cliniques privées », poursuit la Pre Begoña Martinez de Tejada, qui lui succède à la tête de ce service.

Plus de confort, mais aussi une plus grande capacité d’accueil, notamment pour les salles d’accouchement, « dans un environnement convivial, mais avec toute la sécurité de l’obstétrique moderne », remarque le Pr Irion. « Nous pourrons mieux gérer le flux des patientes. Et garantir une surveillance de la mère et de l’enfant durant deux heures au moins en salle d’accouchement et débuter le “peau à peau” et l’allaitement. Ce contact est très important pour créer les premiers liens d’attachement », relève la Pre Martinez de Tejada. De plus, la Maternité comptera fin 2018 une unité « mère-enfant » où les mamans pourront garder auprès d’elles leur bébé nécessitant une surveillance accrue. « Nous offrons ainsi une médecine de pointe dans un environnement humain », résume le Pr Irion.

Respecter le désir des femmes

Avec plus de 4’000 naissances par année, la Maternité est la plus grande de Suisse, mais aussi la seule publique du canton. Ses défis sont donc nombreux. D’abord celui d’accueillir toutes les femmes. Celles qui vivent une grossesse où tout se déroule bien, comme celles dont la grossesse est à risque (40 %). « Notre but est de respecter la physiologie, mais sans naïveté : lorsque cela est nécessaire, nous intervenons. C’est pourquoi, nous avons mis sur pied plusieurs unités afin de reconnaître les pathologies, prévenir les complications et, au besoin, les traiter. Nous prenons en charge chaque patiente avec son parcours, ses difficultés, ses particularités », note le Pr Irion.

« Etre à l’écoute et respecter le désir des femmes, tout en faisant attention à la qualité et à la sécurité », ajoute la Pre Martinez de Tejada. Avec un mot d’ordre unique : pas de médecine à deux vitesses. « Cette philosophie de soins s’applique aussi bien aux personnes accouchant en division privée qu’à celles en situation psychosociale difficile », insistent les deux obstétriciens.

Les HUG sont aussi le centre de référence de la région pour les grossesses à risque. Pour y faire face, rien ne vaut l’addition des compétences : les cas sont discutés de manière approfondie lors de colloques interdisciplinaires. Ces derniers sont composés au minimum d’un obstétricien, d’une sage-femme, d’un anesthésiste, d’un néonatologue et d’une interniste. « Ces réunions constituent une des améliorations majeures de ces dernières années, car elles diminuent les risques de complication pour les patientes », souligne la Pre Martinez de Tejada, également responsable de l’unité d’obstétrique à haut risque.

La proportion de femmes de plus de 40 ans enceintes, celles souffrant de plusieurs problèmes ou encore d’obésité est en constante augmentation. Comment les aider ? « En continuant de former les médecins de façon poussée à l’obstétrique complexe et de réaliser des études cliniques qui nous dictent les bons choix », répond la Pre Martinez de Tejada. « Nous intervenons davantage qu’il y a 20 ou 30 ans, mais nous avons beaucoup diminué les handicaps pour le nouveau-né et les séquelles pour la mère », rappelle le Pr Irion.

Néonatologie : un service de pointe

Si nécessaire, à la naissance, l’enfant reçoit des soins et une surveillance rapprochée au service de néonatologie et des soins intensifs pédiatriques. Quelque 500 nouveau-nés y sont hospitalisés chaque année avec des équipes polyvalentes se relayant 24h/24. « C’est un atout indéniable de disposer d’un tel service dans le même bâtiment : le transfert, pour un bébé fragile d’à peine un kilo, est le moment le plus dangereux », explique-t-elle.

Mais heureusement, tout se passe bien dans la grande majorité des cas : 95 % des grossesses se déroulent en effet sans complications. 

Les nouveaux défis de la Maternité
Les nouveaux défis de la Maternité
Les nouveaux défis de la Maternité
Les nouveaux défis de la Maternité
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Les nouveaux défis de la Maternité
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Les nouveaux défis de la Maternité
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La nouvelle Maternité accueille ses premières patientes depuis début septembre.

La nouvelle Maternité accueille ses premières patientes depuis début septembre.

Plus de 4000 bébés voient le jour chaque année à la Maternité.

Plus de 4000 bébés voient le jour chaque année à la Maternité.

La Pre Begoña Martinez de Tejada succède au Pr Olivier Irion à la tête du service d’obstétrique.

La Pre Begoña Martinez de Tejada succède au Pr Olivier Irion à la tête du service d’obstétrique.

Le Pr Olivier Irion a, durant toute sa carrière, défendu une médecine humaine et humaniste.

Le Pr Olivier Irion a, durant toute sa carrière, défendu une médecine humaine et humaniste.

Les salles d’accouchement dites « nature » sont notamment équipées d’une baignoire pour se détendre.

Les salles d’accouchement dites « nature » sont notamment équipées d’une baignoire pour se détendre.

Les sages-femmes jouent un rôle primordial dans le suivi de grossesse.

Les sages-femmes jouent un rôle primordial dans le suivi de grossesse.

Les couples sont entourés pour accueillir au mieux l’arrivée de leur enfant.

Les couples sont entourés pour accueillir au mieux l’arrivée de leur enfant.

La Maternité de 2017 à 2019

La transformation de la Maternité est le fruit d’une réflexion d’équipe. Virginie Briet, la responsable des soins, nous détaille quelques-unes des améliorations prévues :

  • Des chambres à deux lits dans les secteurs du post-partum.
  • Une seconde pouponnière avec un espace pour les patientes à mobilité réduite.
  • 12 salles d’accouchement au lieu de 8, dont deux dites « nature ».
  • Un second bloc (deux salles de césarienne).
  • Une unité mère-enfant, financée par la Fondation privée des HUG, pour les mamans et nouveau-nés devant recevoir des soins en néonatologie, sous certaines conditions médicales.
  • 2 places supplémentaires en réanimation néonatale (5 places au total).
  • L’introduction de « L’entretien journalier du post-partum » pour préparer le retour à domicile, en s’appuyant sur les besoins et les ressources des patientes.
  • Une salle de simulation pour préparer les situations d’urgence.
  • La création d’une unité privée de 10 lits gynécologie et obstétrique.

Des soins continus : 6 lits au lieu de 4.

Interniste pour grossesses à risque

Si la grande majorité des femmes accouche sans complication, les grossesses à risque élevé sont toujours plus nombreuses. Pour plusieurs raisons : maternités tardives, obésité des mamans ou même les progrès de la médecine, qui ouvrent la procréation à des patientes qui auraient dû y renoncer avant. Pour répondre à cette augmentation, les HUG ont ouvert en 2016 la consultation « médecine interne et grossesse ». Son objectif est double. Le premier est d’offrir une prise en charge optimale des grossesses à risque. « La médecine maternelle propose une approche globale des soins médicaux de la femme enceinte. Le médecin interniste, par sa présence à la Maternité, facilite la collaboration avec les obstétriciens, limite la fragmentation des soins et la multiplication des intervenants », relève la Dre Agnès Ditisheim, interniste spécialisée dans la prise en charge des pathologies maternelles durant la grossesse.

Suivi à long terme

Le second objectif est de fournir aux mamans de l’information pour un suivi médical à long terme. « Le fait est moins connu. Cependant, les pathologies liées à la grossesse – diabète gestationnel, pré-éclampsie, etc. – constituent des facteurs de risque pour les maladies cardiovasculaires et le diabète », relève la médecin interniste.

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  • Giuseppe Costa - Élodie Lavigne

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Pour aller plus loin

J’ai envie de comprendre… Ma grossesse, d’Olivier Irion et Élodie Lavigne, Ed. Planète santé, 2016.

 

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