Texte: 

  • Clémentine Fitaire

Photos: 

  • Muti

Les apnées du sommeil

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS), ou «apnées du sommeil», se caractérise par des obstructions répétées – et durant plusieurs secondes – des voies aériennes supérieures pendant la nuit. Ces interruptions involontaires de la respiration altèrent la qualité du sommeil et la santé cardiovasculaire.

Symptômes

  • Hommes : ronflements, somnolence diurn
  • Femmes : insomnie, troubles de l’humeur (anxiété, dépression), fatigue la journée

Différentes formes

La sévérité du SAOS est évaluée selon la fréquence des apnées et des hypopnées par heure de sommeil (IAH ou indice apnées/hypopnées).

  • Forme légère : IAH 5 à 15
  • Forme modérée : IAH 15 à 30
  • Forme sévère : IAH > 30

49%

La proportion d’hommes âgés de 40 ans ou plus concernés en Suisse. Elle est de 23% chez les femmes.

Risques immédiats

  • Fragmentation du sommeil.
  • Diminution de l’oxygénation pendant le sommeil (réaction de stress dans l’organisme, avec augmentation du rythme cardiaque et de la pression artérielle).

Risques à long terme

  • Atteinte progressive de la paroi des vaisseaux (dysfonction vasculaire).
  • Risque cardiovasculaire accru: survenue ou aggravation d’une hypertension artérielle, trouble du rythme cardiaque, etc.

Quand respirer devient difficile

  1. La situation normale : pendant le sommeil, la respiration est fluide et s’effectue par le nez et la bouche. Les muscles sont relâchés, mais la langue est positionnée contre le palais: les voies aériennes restent ouvertes.
  2. L’obstruction partielle (hypopnée) : les voies aériennes se rétrécissent, ce qui diminue le passage de l’air (d’au moins 30% pendant 10 secondes ou plus). La respiration devient plus difficile et peut provoquer des ronflements.
  3. L’obstruction totale (apnée) : les voies aériennes se ferment complètement, pendant au moins 10 secondes, souvent à cause du relâchement de la langue et des tissus du pharynx. Le corps continue de fournir des efforts pour respirer, mais l’air ne passe plus.

Quand respirer devient difficile

Facteurs de risque

  • Surpoids : l’excès de tissu adipeux autour des voies aériennes favorise leur affaissement.
  • Âge: en vieillissant, la tonicité des tissus diminue et les voies aériennes s’affaissent plus facilement.
  • Ménopause et grossesse : les variations hormonales favorisent l’apparition d’apnées du sommeil.
  • Caractéristiques anatomiques : mâchoire inférieure en retrait, langue ou amygdales volumineuses, cou large.
  • Certaines maladies neuromusculaires

Diagnostic

En cas de suspicion de SAOS après un questionnaire ciblé, l’examen de référence est la polysomnographie. Il s’agit d’un enregistrement du sommeil, généralement réalisé à l’hôpital, qui mesure notamment le flux respiratoire, le rythme cardiaque, l’oxygénation nocturne et l’architecture du sommeil (cycles).

Traitements

Orthèse d’avancée mandibulaireOrthèse d’avancée mandibulaire : gouttière dentaire avançant légèrement la mâchoire pour maintenir les voies aériennes ouvertes. Souvent proposée en cas de SAOS léger.

Pression positive continue (CPAP) : appareil envoyant de l’air en continu à travers un masque pour maintenir les voies aériennes ouvertes. En cas de SAOS modéré à sévère.

Dispositifs positionnels : ceinture ou filet favorisant le sommeil sur le côté lorsque les apnées surviennent surtout sur le dos.

Intervention chirurgicale : correction envisagée en présence d’anomalies anatomiques des voies aériennes.

Texte: 

  • Clémentine Fitaire

Photos: 

  • Muti
Partager
En savoir plus

Mots clés: 

Autres articles